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Plaies et cicatrisation

17 juin 2012

Activité protéasique des plaies : de la théorie à la pratique

Dr Catherine Griffart
Les protéases interviennent dans le processus cicatriciel à différents niveaux. Cependant, une activité protéasique trop élevée (EPA) peut concourir à un retard de cicatrisation pour les plaies chroniques.
C’est ce qu’illustrent les résultats d’une étude (1) menée, dans 4 centres, sur des plaies chroniques au niveau desquelles l’activité protéasique a été déterminée. Les plaies ont été considérées comme en cours de cicatrisation lorsque leur surface, au bout de 2 à 4 semaines, était diminuée d’au moins 50 % pour les plaies diabétiques et d’au moins 30 % pour les escarres et ulcères veineux. Dans le cas contraire elles étaient qualifiées de « non cicatrisantes ». Le taux d’activité protéasique associé à une probabilité de 90 % de non cicatrisation a pu être déterminé. Sur 239 plaies analysées, 53 avaient une activité protéasique supérieure à ce seuil, laquelle était fortement corrélée à un retard de cicatrisation. Malheureusement, l’importance de l’activité protéasique dans une plaie n’a pas de traduction clinique. Dans une enquête menée auprès de 500 professionnels de la cicatrisation (2) parmi lesquels 175 ont répondu, la difficulté d’évaluer « visuellement » cette activité protéasique est bien apparue lorsqu’on leur a présenté des photos de plaies pour lesquelles celle-ci, préalablement déterminée, différait. Conscient de son importance dans la cicatrisation, 96,8 % de ces praticiens ont déclaré souhaiter disposer d’un test diagnostique rapide pour évaluer le taux d’activité protéasique des plaies. Ceci aurait bien évidemment des conséquences sur le plan thérapeutique. Un essai (3) mené avec une matrice composée de collagène/ cellulose oxydée régénérée (COR) (+/- argent) montre ainsi que l’efficacité de ce type de pansement est d’autant plus appréciable lorsqu’il est utilisé sur des plaies à activité protéasique élevée. Parmi 56 patients présentant des ulcères veineux, la réponse globale au traitement (réduction de taille d’au moins 30 % après 4 semaines) a été de 63 %. Cependant pour les 13 patients dont les plaies montraient un EPA, le taux de réponse a été de 77 % (n = 10). Dans ce groupe, l’activité de l’élastase était réduite de 80 % après 4 semaines de traitement. Ceci suggère que la possibilité d’évaluer le niveau d’activité protéasique des plaies permettrait de mieux cibler le traitement et ainsi optimiser son efficacité.

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