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Congrès

25 fév 2021

De l’acné au psoriasis, espoir de nouvelles voies thérapeutiques ?

Marc PERRUSSEL, Vice-président du Syndicat national des dermatologues vénéréologues (SNDV)
De l’acné au psoriasis, espoir de nouvelles voies thérapeutiques ?

Nous abordons avec le XXIe siècle une nouvelle voie thérapeutique : l’immunothérapie, créant de nouveaux docteurs, les « biothérapeutes », le Pr Revuz les appelait les « psologues ».

Avec les biothérapies, la prise en charge des patients atteints de psoriasis modéré à sévère a été révolutionnée. J’ai débuté mes consultations thématiques dans les années 1980 et le progrès était alors les UV, l’étrétinate et déjà le méthotrexate, nous sortions à peine de l’époque de vouloir extraire les patients des bains de goudrons. Que de progrès lors de l’arrivée des biothérapies (infliximab, efalizumab, étanercept) au début des années 2000 ! Puis il y a eu une véritable inflation exponentielle avec les nouveaux anti-TNF alpha, anti-IL12-23, anti-IL17, anti-IL23, sans oublier les anti-JAK et les anti-phosphodiestérase 4 : un véritable arsenal thérapeutique à la disposition des dermatologues et des rhumatologues. L’objectif du traitement est d’obtenir une nette amélioration du score PASI (Psoriasis Area and Severity Index) avec une excellente tolérance pour une grande majorité de nos patients. Leur qualité de vie en a considérablement bénéficié. La brèche est ouverte et d’autres pathologies inflammatoires chroniques vont pouvoir bénéficier de nouvelles solutions : l’urticaire chronique avec l’omalizumab. Être soulagé et ne pas avoir l’impression d’être frotté en permanence par des orties : quel soulagement ; la dermatite atopique de l’adolescent et de l’adulte, véritable fléau pour ces patients. Les patients souffrant de dermatite atopique vivent la même révolution que pour ceux ayant un psoriasis : avec le dupilumab, puis les anti-JAK. Nous recevons beaucoup de témoignages aussi émouvants que ceux donnés par nos patients psoriasis. ; l’hidradénite suppurée ou maladie de Verneuil est enfin reconnue et des réseaux (RESO Verneuil) d’experts de plusieurs spécialités ont pris cette maladie à bras le corps pour élaborer des schémas thérapeutiques (algorithmes pour être à la mode). Il existe des solutions mais elles sont bloquées par une certaine inertie administrative (AMM mais pas encore de remboursement) ; possiblement des recherches se font dans le même sens pour l’acné et la rosacée ; le vitiligo et nos écoles dermatologiques ne sont pas en retard pour la proposition de solution thérapeutique ; enfin la pelade : les publications récentes lors de l’AAD 2019 ont été stupéfiantes, avec une repousse véritablement esthétique et pas quelques îlots de cheveux par-ci par-là. Ce sont des solutions qui frustrent le thérapeute toujours dans l’espoir d’en disposer rapidement. Nous ne pouvons pas faire l’impasse sur les possibilités thérapeutiques du rituximab : du pemhigus (remercions le groupe bulle de la SFD) au lupus, nous pouvons améliorer la prise en charge de nos patients. Les pathologies inflammatoires chroniques ont un impact sévère sur la qualité de vie des patients, et toute inflammation chronique a une répercussion sur le risque vasculaire. Nous devons être formés, pouvoir informer et gérer nos patients pour un accès rapide à des soins de proximité pour tous. Le dermatologue est une véritable sentinelle d’un risque de santé publique.

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