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Acné

Publié le 16 déc 2010Lecture 3 min

L’acné a-t-elle un impact psychologique ?

Dr Henry Pawin
Il est classique de dire que l’acné a un impact sur le psychisme des adolescents, mais les études qui l’affirment ne concernent que des patients acnéiques, sans groupe d’adolescents témoins.
S.M. Goode et coll. (1) ont étudié en Australie une population scolarisée (244 sujets inclus, âgés de 14 à 17 ans). Ils ont mesuré la gravité de l’acné et l’état psychique de ces adolescents pour rechercher un lien entre les deux. Ces patients étaient suivis pendant un an et évalués à trois reprises (à l’inclusion, à 6 mois et à un an). S’ils avaient de l’acné, ils étaient traités. Les auteurs ont mis en évidence qu’il n’existe pas de lien entre troubles psychiques et présence d’une acné, quelle que soit sa sévérité. Ces résultats sont étonnants, discordants avec les publications précédentes et demandent confirmation. Les auteurs proposent deux hypothèses pour les expliquer : la population scolaire tout-venant est différente de la population acnéique ; l’efficacité des traitements réduit l’impact psychique de l’acné. Il est possible d’ajouter une autre explication : la méthodologie différente des études habituelles. Le plus souvent, il s’agit d’une population acnéique prise au moment d’une consultation sans idée évolutive, dont les tests d’évaluation psychique sont comparés à ceux d’un groupe témoin non acnéique. Il n’existe pas de notion d’évolution dans le temps. Une autre étude a été menée récemment pour apprécier l’impact psychologique de l’acné en Finlande(2). Les auteurs ont évalué l’état psychique de 165 patients acnéiques et de 150 patients ayant des pathologies mineures des genoux. Ces patients étaient tous de jeunes conscrits, masculins, finlandais. Un syndrome dépressif modéré à sévère était présent chez 16 patients acnéiques (9,7 %) et 20 patients avec des problèmes de genoux (13,3 %) ; 24 acnéiques (14,5 %) et 16 patients du groupe témoin (10,7 %) avaient des idées suicidaires. Ces résultats ne montrent pas de différence significative. Il n’existait pas non plus de lien entre syndrome dépressif et sévérité de l’acné. Pour ces auteurs, le risque suicidaire et l’incidence du syndrome dépressif sont comparables à ceux de la population générale du même âge. Ces travaux sont en contradiction avec l’évaluation qui avait été faite en 2007 en France sur l’impact psychique de l’acné sur des adolescents (3). Cette étude montrait un fort impact psychique de l’acné avec des modifications de comportement liées aux lésions d’acné : renfermement sur soi, diminution de la vie sociale et de la vie amoureuse, entre autres. Mais, dans ce travail, l’évaluation se faisait en dehors de tout contexte médical et ne rapportait que les dires des adolescents, sans mesure par des échelles de l’impact de l’acné. Il faudrait, pour pouvoir comparer ces résultats contradictoires, être capable d’établir s’il existe ou non un parallélisme entre les résultats obtenus par l’utilisation des échelles d’évaluation du moral des patients avec leurs dires au cours d’interviews.

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