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Photodermatologie

11 aoû 2009

Connaissez-vous la photodermatose printanière juvénile ?

Y. BOUREZANE, CHU Hôpital Saint-Jacques, Besançon
Rarement rapportée dans la littérature, la photodermatose printanière juvénile (PPJ) possède pourtant une sémiologie dermatologique très évocatrice permettant de la diagnostiquer cliniquement sans aucun examen complémentaire. Le but de cet article est de décrire cette entité dont la fréquence est très probablement sous-estimée.
C’est en 1942 que W. Burckhardt (1) a rapporté cette dermatose sous la dénomination de photodermatose printanière. Auparavant, elle avait été décrite sous différentes autres appellations : prurit vernal des sujets jeunes (Thibierge en 1921), Dermatitis pustularis vernalis aurium (Heller en 1907), photodermite dyshidrosiforme des acrocyanotiques (Jansion en 1933). En 1954, Anderson rapporte dans le Lancet, une épidémie de PPJ survenue chez 150 enfants dans une colonie de vacances (2). La prévalence de la PPJ est estimée à 6,7 % en Nouvelle-Zélande (3). En France, sa prévalence est inconnue, très probablement sous-estimée, car passant souvent inaperçue. Aspect clinique Sur le plan clinique, l’affection survient au printemps (en mai surtout) par temps frais souvent par petites épidémies, notamment dans les colonies de vacances, chez des enfants âgés en moyenne de 5 à 15 ans, parfois chez des jeunes adultes (militaires). La prédominance masculine, de l’ordre de 90 %, est probablement en rapport avec la coupe de cheveux courte dégageant les oreilles (les filles sont souvent protégées par leurs cheveux). L’atteinte des pavillons des oreilles est le signe caractéristique de l’affection. Il s’agit le plus souvent d’un érythème sur lequel survient des vésicules ou des papulovésicules évoluant en quelques jours vers la desquamation. Des sensations de brûlures ou un prurit modéré peuvent apparaître. L’atteinte isolée des deux oreilles (figure 1) caractérise la forme monopolaire décrite par R. Baran (4). Dans la forme bipolaire, les lésions papulovésiculeuses touchent le dos des mains (figure 2), les avantbras, les joues (figure 3) simulant un prurigo strophulus de l’enfant, des eczématides folliculaires ou même un lichen nitidus. Au niveau des coudes, l’aspect peut être franchement psoriasiforme (figure 4). Dans tous ces cas, l’atteinte des oreilles permet de rétablir le diagnostic. Figure 1. Papuloérythème du pavillon de l’oreille caractéristique de la photodermatose printanière juvénile.  Figure 2. Atteinte papulovésiculeuse du dos des mains. L’atteinte des pavillons des oreilles est le signe caractéristique de l’affection. L’examen histopathologique n’est pas nécessaire au diagnostic, comme le confirme l’étude de R. Baran et coll.(4) dans une série de 10 cas de PPJ, où l’examen histologique retrouve des images non spécifiques d’eczéma, de toxidermie ou d’érythème polymorphe. L’exploration photobiologique est inutile car souvent normale et de réalisation difficile chez l’enfant. Figure 3. Papuloérythème des joues. Figure 4. Aspect psoriasiforme au niveau du coude. Évolution, pronostic L’évolution de l’éruption est favorable en quelques jours sous photoprotecteur externe, dermocorticoïde et antihistaminique per os. Des récidives sont possibles pendant plusieurs années avant que l’affection ne disparaisse spontanément. La photoprotection vestimentaire des oreilles (bonnet) pendant les fraîches journées ensoleillées printanières peut permettre de prévenir les récidives. Des formes de passage entre la PPJ et la lucite polymorphe ont été rapportées par certains auteurs anglo-saxons (5) posant la question non résolue des rapports entre la PPJ et la lucite polymorphe.

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