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Dermatite atopique, Eczéma

25 fév 2021

Baricitinib en association avec les dermocorticoïdes dans la dermatite atopique modérée à sévère

François CHASSET Hôpital Tenon, Paris
Baricitinib en association avec les dermocorticoïdes dans la dermatite atopique modérée à sévère

La dermatite atopique (DA) est une dermatose inflammatoire chronique évoluant par poussées. Elle a une prévalence chez l’adulte allant de 7 à 13 % en fonction des études.

En cas de maladie modérée à sévère, il existe un prurit important qui peut entraîner des troubles du sommeil, une anxiété, une dépression avec un fort retentissement sur la qualité de vie. Cette maladie est caractérisée par des anomalies de la barrière cutanée, une augmentation de la colonisation de la peau par Staphylococcus aureus et une augmentation de la réponse Th-2 aux stades initiaux de la maladie avec une production de cytokines comme l’IL-4, l’IL-5, l’IL-13, IL-22. La plupart de ces cytokines utilisent la voie JAK/STAT pour la transduction intracellulaire et leur signalisation intracellulaire. Le baricitinib est un inhibiteur sélectif de JAK1 et 2. Il a l’AMM dans la polyarthrite rhumatoïde en France et a montré des résultats prometteurs dans le psoriasis, le lupus systémique en particulier. En 2019, nous avions rapporté les résultats intéressant du baricitinib en phase 2 dans la DA. Dans cet article, les auteurs rapportent l’efficacité de ce traitement en phase 3. Cet essai contrôlé randomisé de phase 3 a inclus des patients avec une DA modérée à sévère et a évalué l’efficacité et la tolérance du baricitinib à 4 mg/j, 2 mg/j versus un placebo en association à un dermocorticoïdes. Les patients avaient une DA active malgré un traitement par dermocorticoïdes. Les patients étaient randomisés 1 : 1 : 1 pour les 2 doses de baricitinib et le placebo. Le critère de jugement principal était le pourcentage d’amélioration du score PGA (Physician Global Assessment) spécifique de la DA vIGA-AD à 0 ou 1 avec une amélioration d’au moins 2 points sur une échelle allant de 0 (pas de lésions) à 4 (sévère). Les critères de jugement secondaires incluaient le pourcentage de patients avec une amélioration de 75 % ou 90 % du score EASI (EASI 75 et EASI 90) à la semaine 16, les scores de prurit et la tolérance. Au total, 378 patients ont été inclus dans 68 centres et 10 pays. L’âge moyen des patients était de 38 ans avec une prédominance masculine (66 %). À la semaine 16, un score vIGA-AD de 0 ou 1 était atteint chez 31 % des patients sous 4 mg/j de baricitinib, 24 % des patients sous baricitinib 2 mg/j contre 15 % pour le placebo. Le baricitinib à la dose de 4 mg/j avait une efficacité statistiquement supérieure au placebo odds ratio (OR) 2,8 ; intervalle de confiance à 95 % (IC95 % 1,4-5,6 ; p = 0,004) mais pas le baricitinib 2 mg OR 1,9 (IC95 % 0,9-3,9 ; p = 0,08). Par ailleurs, il existait une amélioration significativement supérieure du baricitinib aux doses de 2 et 4 mg/j par rapport au placebo pour le score EASI 75 atteinte chez 23 % des patients sous placebo, 43 % des patients sous 2 mg/j et 48 % des patients sous 4 mg/j de baricitinib respectivement. Il existait une amélioration significative des scores de prurit par rapport au placebo à partir de la semai ne 4 pour les 2 doses de baricitinib. La proportion d’effets indésirables sévères était de 2 % dans le groupe 2 mg/j, 4 % dans le groupe 4 mg/j et 4 % dans le groupe placebo. Deux cas de zona ont été observés dans le groupe baricitinib 2 mg/j contre 1 dans le groupe placebo (0 dans le groupe 4 mg/j). Par ailleurs, une embolie pulmonaire a été rapportée dans le groupe 4 mg/j (aucune dans les autres groupes). Aucun effet indésirable cardiovasculaire sévère ou de cancer n’a été rapporté. Au total, cette étude contrôlée randomisée de phase 3 confirme la supériorité du baricitinib 4 mg/j en association avec un dermocorticoïde par rapport au placebo dans la DA modérée à sévère. Une ATU va débuter prochainement, permettant d’évaluer l’efficacité de ce traitement en vie réelle. Des comparaisons contre les autres biothérapies de la DA, en particulier le dupilumab, pourraient être intéressantes pour essayer de mieux préciser la part de ces traitements dans l’arsenal thérapeutique de la DA, qui augmente considérablement ces dernières années.

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