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Dermatite atopique, Eczéma

Publié le 05 avr 2023Lecture 2 min

La dermatite atopique n’est pas qu’une dermatose pédiatrique

Marie-Line BARBET, Paris

La dermatite atopique qui débute habituellement dans l’enfance peut aussi apparaître à l’âge adulte. Très fréquente dans la population pédiatrique puisqu’elle concerne au moins 20 % des enfants, elle touche environ 10 % des adultes. Pourtant sa présentation chez l’adulte et son évolution sont mal connues.

Une étude menée en Suède a eu pour but de préciser la prévalence et les caractéristiques de la dermatite atopique (DA) dans une population, en s’appuyant sur une cohorte de naissances recrutée de 1994 à 1996 et suivie jusqu’à l’âge de 24 ans (BAMSE project). Un total de 3 055 membres de cette cohorte ayant répondu à un questionnaire sur la sécheresse de la peau, l’existence de démangeaisons et de rashes prurigineux ainsi que le suivi de traitements contre la DA (émollients, corticothérapie locale et autre) à la fin du suivi de 24 ans ont été inclus. Tous ont été invités à un examen clinique et à un bilan sanguin avec dosage des IgE spécifiques. Finalement, 2263 ont accepté de participer à cette étude. À 24 ans, la prévalence sur 12 mois de la DA était de 17,8 % (N = 543), cette estimation étant fondée sur l’examen clinique et les critères de William’s. Davantage de femmes que d’hommes étaient concernés par cette dermatose (20,5 % contre 14,8 % p < 0,0001). Cependant le degré de gravité évalué selon l’échelle POEM (Patient Oriented Eczema Measure) ne différait pas en fonction du genre.   DES DIFFÉRENCES SELON LE SEXE Le pourcentage de DA survenue à l’âge adulte était de 16,9 % soit 17,3 % pour les femmes et 16,4 % pour les hommes. Quel que soit le sexe, les extrémités et les mains étaient les zones les plus affectées suivies du tronc et du cuir chevelu. Davantage de femmes signalaient des troubles du sommeil liés au grattage (26,1 % contre 15,5 % chez les hommes, p < 0,003.). Plus de 90 % des participants avaient utilisé des émollients, et deux tiers rapportaient avoir employé des corticoïdes topiques l’année précédente ; 9,3 % avaient pris des corticoïdes par voie orale et 3,7 % avaient suivi une photothérapie. Plus de 30 % s’étaient tournés vers une médecine alternative. La présence d’IgE spécifiques à un ou plus des allergènes testés était moins fréquente parmi les femmes que parmi les hommes (61,3 % vs 79,6 % p < 0,0001). Considérant les antécédents de DA dans l’enfance, il est apparu que le sexe masculin était associé à un risque de DA au cours de la première année de vie plus élevé que le sexe féminin (odds ratio OR : 1,31 ; IC 95 % : 1,10-1,56) et à un risque de DA à l’adolescence et au début de l’âge adulte plus faible (OR : 0,66 ; IC : 0,55-0,80). Cette étude basée sur la population générale montre que la DA est fréquente chez les jeunes adultes d’un peu plus de 20 ans, avec quelques caractéristiques cliniques et certaines différences en fonction du genre qu’il serait précieux de connaître pour les praticiens qui prennent en charge ces patients.    

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