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Cancérologie

Publié le 19 mar 2008Lecture 2 min

Plaidoyer pour une meilleure information des patients transplantés sur le risque de cancer cutané

Dr Marie-Line Barbet
La transplantation d’organes a connu un essor considérable au cours des deux dernières décennies laissant augurer qu’un nombre croissant de patients vont souffrir de cancers cutanés liés aux traitements immunosuppresseurs anti rejets. De plus, ces cancers semblent plus agressifs que dans la population générale. Ainsi, en 2006, 29 000 organes ont été transplantés aux Etats Unis aboutissant à un total de 223 000 patients porteurs d’une greffe à la fin de cette même année. L’incidence des cancers cutanés chez ces malades est d’environ 200 fois celle observée dans la population générale. Plusieurs travaux ont montré que 82 % des greffés rénaux ont présenté un cancer cutané 20 ans après leur transplantation et une étude Australienne signale que de nombreux décès survenus 4 ans après une transplantation cardiaque étaient liés à un cancer cutané.
Or, comme l’a souligné SR Youker, de nombreuses études montrent que les receveurs d’organe ne sont pas suffisamment avertis du risque qu’ils encourent à cet égard ni des mesures préventives à mettre en œuvre et/ou qu’ils ne suivent pas correctement les recommandations prodiguées. Ainsi l’illustre à nouveau l’étude qu’il a menée auprès de 298 greffés (65 % d’hommes, 35 % de femmes) auxquels il a été demandé de remplir un questionnaire pour évaluer leur compréhension face au risque de cancer cutané, leur observance des mesures préventives et leur mode d’exposition au soleil et d’utilisation des écrans solaires. Les résultats sont éloquents : 62 % des participants ignoraient qu’ils avaient un risque accru de cancer cutané, et 73 % n’en avaient pas été informés après l’intervention. Seuls 21 % d’entre eux avaient vu un dermatologiste depuis l’opération et 14 % bénéficiaient d’un examen annuel du revêtement cutané. Vingt huit pour cent utilisaient régulièrement des écrans solaires (contre 22 % avant la transplantation !), les raisons avancées pour ne pas le faire étant fort diverses allant du désir de hâle au désagrément ressenti à l’application de crème protectrice… Certes, on peut concevoir que dans les suites immédiates de la transplantation alors que l’on se bat surtout pour prévenir rejet et infection et rétablir un état général correct, la prévention du cancer cutané puisse apparaître secondaire. Des programmes d’éducation peuvent cependant être mis en place ultérieurement dont l’efficacité a pu être démontrée dans certaines études. Le dermatologiste a certainement un rôle majeur à jouer dans ce contexte.

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