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Dermatologie générale

Publié le 09 déc 2021Lecture 4 min

Réactions cutanées aux médicaments : à propos de 100 cas de toxidermies

Omar BOUDGHENE STAMBOULI, *Président du CPRS de l’Ouest de dermatologie **Responsable de l’enseignement des maladies cutanées, faculté de médecine, CHU de Tlemcen (Algérie)

La toxidermie se définit comme un ensemble de réactions cutanéomuqueuses secondaires à l’administration d’un produit par voie intramusculaire, intraveineuse, entérale et sous-cutanée. Le but de notre étude est de préciser la classe thérapeutique qui est à l’origine des réactions cutanées parmi les traitements utilisés et préconisés dans notre service de 1981 à 2020.

Notre étude porte sur un nombre total de 100 cas hospitalisés au sein du service de dermatologie du CHU de Tlemcen (Algérie) de 1981 à 2020, pour une réaction provoquée par un médicament. Méthodes Cette étude épidémiologique a porté sur le sexe, l’âge, la tranche d’âge, la plus touchée, la répartition chronologique, et sur l’analyse d’un échantillon en fonction de la classe thérapeutique utilisée. La survenue est brutale, et l’évolution, rapidement favorable. La chronologie permet d’incriminer le médicament en cause du fait d’un délai compatible entre la première prise de médicament et l’apparition de l’éruption ; l’éruption ayant régressé après arrêt du médicament. Le changement de médicament n’entraîne aucune manifestation cutanée. Résultats L’âge de survenue de ces réactions est variable (entre 20 et 50 ans). Il n’y a pas de différence entre les deux sexes.  L’exanthème maculopapuleux est le tableau le plus couramment observé dans plus de 25 % des cas.  Les toxidermies bulleuses sont observées dans plus de 15 % des cas. D’autres réactions cutanées ont été constatées à type de pustulose exanthématique aiguë généralisée, d’érythème pigmenté fixe, d’urticaire et d’œdème de Quincke. Discussion Dans notre expérience, 80 % des cas étaient secondaires à la prise d’un traitement antibiotique – essentiellement bétalactamines (pénicilline), suivies par des anti-inflammatoires non stéroïdien, tégrétol ou griséofulvine. Les manifestations cliniques cutanées dues aux médicaments sont multiples et variées. • Prurit médicamenteux. Il peut être transitoire et précédé d’autres manifestations cutanées. • Urticaires et angio-œdèmes. Il s’agit le plus souvent d’urticaires banales, parfois étendues voire géantes. La recherche d’une prise médicamenteuse doit être systématique chez tout patient présentant une urticaire chronique ou des angio-œdèmes récidivants. De très nombreux médicaments sont en cause, parmi lesquels : l’aspirine et les AINS, les barbituriques, les antibiotiques, les anesthésiques locaux, les myorelaxants... • Exanthèmes. Les exanthèmes peuvent être de type scarlatini- forme (figure 1) (érythémateux diffus) ou morbilliformes (maculopapuleux). De très nombreux médicaments sont en cause, les principaux étant : les sulfamides, les barbituriques, la pénicilline, les antituberculeux, les anticonvulsivants... • Érythème pigmenté fixe. II s’agit de lésions arrondies de quelques millimètres à quelques centimètres de diamètre, débutant par un œdème suivi d’un érythème dont la couleur devient de plus en plus foncée (figure 2). Les lésions peuvent ensuite se modifier. Leur nombre est souvent limité, et elles disparaissent 2 à 3 semaines après l’arrêt du médicament. Les lésions récidivent au même endroit lors de la reprise du médicament causal. • Les éruptions bulleuses. L’érythème polymorphe (figure 3) est constitué de lésions caractéristiques en cocardes, de tailles variables, siégeant surtout au niveau des membres, autour des articulations. Les lésions peuvent devenir vésiculo-bulleuses s’associant souvent à des signes généraux (fièvre, asthénie, troubles digestifs). Le syndrome de Stevens-Johnson est une forme grave d’érythème polymorphe associé d’emblée à des lésions bulleuses. Les éruptions bulleuses peuvent être dues aux : sulfamides, barbituriques, pénicillines, pyrazoles, rifampicine, tétracyclines. • Les éruptions purpuriques. Elles peuvent être la seule manifestation d’une allergie médicamenteuse ou s’associer  à d’autres éruptions comme l’érythème polymorphe. Il s’agit d’éruptions typiquement symétriques, ne disparaissant pas à la vitropression. Les médicaments responsables sont : les sulfamides, les barbituriques, les héparines, les antihistaminiques... • Les réactions lichénoïdes. La manifestation cutanée est semblable à un lichen, mais la topographie peut différer par l’absence d’atteinte des faces antérieures, des poignets, des avant-bras et de la région lombaire. • Les photodermatoses. Les lésions apparaissent sur des zones exposées à la lumière, l’aspect des lésions varie du simple érythème jusqu’aux lésions érythémato-bulleuses (figure 4). Ces réactions peuvent se voir avec certaines thérapeutiques : tétracyclines, chlorpromazine... • L’eczéma endogène. Il survient après l’administration par voie systémique d’un allergène chez un patient antérieurement sensibilisé par contact cutané avec ce médicament ou un analogue structural (réaction croisée).  

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