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Pathologie vasculaire

Publié le 25 juin 2024Lecture 4 min

Quoi de neuf en angio-dermatologie ?

Catherine OLIVERES-GHOUTI, d’après les communications de Patricia Senet (Hôpital Tenon, Paris)

En mars dernier, à Brest se sont tenues les 15es Journées nationales provinciales de dermatologie (JNDP) réunissant les quatre instances de la dermatologie : la Société française de dermatologie (SFD), le Syndicat national des dermatologues et vénéréologues français (SNDV), la Fédération française de formation continue et d’évaluation en dermatologie vénéréologie (FFFCEDV) et le Collège des enseignants. Parmi les temps forts de cette édition, les Flash Actu ont permis de faire le point sur l’actualité en angiologie-dermatologie. Résumé.

LES RISQUES CARDIOVASCULAIRES EN DERMATOLOGIE   • Les pathologies dermatologiques à risque CV augmenté Les patients atteints de psoriasis ou d’hidradénite suppurée sont exposés à une augmentation des MACE (Major Adverse Cardiac Events), c’est-à-dire des risques d’événements cardiovasculaires (CV) majeurs avec selon les cas : inflammation chronique, augmentation du risque d’AVC, d’infarctus du myocarde (tableau 1). • Comment évaluer le risque cardiovasculaire ? L’évaluation systématique du risque global de maladie cardiovasculaire (MCV, tableau 1) est recommandée chez toutes   présentant un facteur de risque (FdR) majeur : antécédent familial de maladie cardiovasculaire (MCV) précoce, tabagisme, HTA, diabète, dyslipidémie, obésité. Une évaluation systématique ou opportuniste du risque cardiovasculaire dans la population générale peut être envisagée chez les hommes de plus de 40 ans et les femmes de plus de 50 ans ou ménopausées sans facteur de risque cardiovasculaire connu. L’ESC SCORE 2 est utilisé pour prédire le risque d’événement CV fatal ou non à 10 ans. Il tient compte de l’âge, de la tension artérielle, du taux de cholestérol total et de HDL, du tabagisme. • En pratique quand adresser au cardiologue ? Après mesure de la tension artérielle (TA) et de l’IMC, d’un interrogatoire concernant l’existence d’une intoxication tabagique, un bilan lipidique (cholestérol total, HDL, LDL) est prescrit, et le patient sera adressé à un confrère cardiologue si : – TA >140 mmHget/ou IMC > 25 et/ou LDL cholestérol > 1 g/L; – SCORE 2 orange ou rouge. • Les risques CV associés aux JAKi (inhibiteurs de Janus kinase) Utilisés dans les maladies inflammatoires dermatologiques chroniques (dermatite atopique, pelade, rhumatisme psoriasique), ces médicaments ne doivent être prescrits qu’en l’absence d’alternative thérapeutique appropriée chez les patients : – âgés de plus de 65 ans ; – avec des facteurs de risque d’événements CV majeurs, tels qu’une crise cardiaque ou un accident vasculaire cérébral ; – avec des facteurs de risque de cancer ; – présentant un tabagisme présent ou passé. Les inhibiteurs de JAK doivent être prescrits avec prudence chez les patients présentant des facteurs de risque thromboembolique pulmonaire ou veineux. La posologie doit être réduite pour certains groupes de patients présentant un risque de thromboembolie veineuse, de cancer ou d’événements CV majeurs. Il y a une nécessité de registres des événements CV, carles MACE et les accidents thrombo-emboliques peuvent être augmentés après 12 mois de traitement. • Les risques dermatologiques des traitements antihypertenseurs Deux études pharmaco-épidémiologiques danoises récentes ont montré un risque accru de cancer de la peau non mélanome (carcinome basocellulaire, carcinome épidermoïde) lors de l’exposition à des doses cumulatives croissantes de diurétiques à base d’hydrochlorothiazide (HCTZ). L’hydrochlorothiazide, essentiellement, est associée à une augmentation du risque de cancer cutané non-mélanome (19 %)(1). Tous les anti-HTA sont concernés par un surrisque de cancer de la peau.   LES ACROSYNDROMES   Dermoscopie et capillaroscopie font jeu égal. Comme l’accès à la capillaroscopie n’est pas simple, retenons les critères dermoscopiques essentiels (d’après l’étude VASCUL-R publiée dans le JEADV par Jean-Benoît Montfort et coll. sur la sclérodermie[2] ). Le paysage sclérodermique est défini selon 5 critères : mégacapillaires, plages avasculaires, désorganisation, densité < 8/mm, hémorragies. En l’absence de ces 5 critères, on considérera que la capillaroscopie est normale. Il y a une valeur prédictive de la dermoscopie normale pour une capillaroscopie normale ou non spécifique. L’absence d’hémorragies à la dermoscopie suffit pour le diagnostic. Comme l’accès à la capillaroscopie est difficile, on peut se tourner vers un capillaroscope en USB Device (vendu en ligne, équipement peu cher, environ 400 €). La validation versus capillaroscopie classique est en cours.   LES VASCULOPATHIES THROMBOSANTES/VASCULARITE   De nouveaux critères EULAR du syndrome des anticorps anti-phospholipides (SAPL) ont été publiés en 2023(3). Ces nouveaux critères prennent en compte 6 domaines cliniques et 2 domaines biologiques. Les critères biologiques sont plus spécifiques (99 %) et moins sensibles que les critères de Sapporo. Les patients qui réunissent au moins 3 points issus des domaines cliniques et au moins 3 points issus des domaines biologiques sont classés SAPL (figure 1, tableau 2). Figure 1. Critères d’entrée pour le SAPL.   • Qu’est-ce que cela change pour les dermatologues ? – Entrée du critère microvasculaire +++. – Prouvé histologiquement : Vasculopathie livédoïde (tableau 3).   Le syndrome catastrophique des antiphospholipides (CAPS) est caractérisé par l’apparition rapide de thromboses multiples atteignant avec prédilection la microcirculation en présence d’anticorps antiphospholipides. Par une atteinte multiviscérale, il peut compromettre le pronostic vital. Le CAPS compliqué de 1 % à 5 % les syndromes des antiphospholipides (SAPL). Les manifestations cutanées sont(4) : – 54 % atteinte cutanée ; – 42 % nécrose cutanée, purpura ; – 45 % aggravation ou apparition livedo ; – 29 % hémorragies sous-unguéales. D’après les communications de Patricia Senet (Hôpital Tenon, Paris), 15es Journées nationales provinciales de dermatologie (JNDP), Brest, mars 2024.

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