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Maladie de système, Médecine interne

Publié le 18 jan 2023Lecture 3 min

Le risque de sarcoïdose liée aux tatouages

Caroline GUIGNOT, D’après la communication « Tattoo-induced granulomatous lesions » de Nicolas Kluger (Helsinki, Finland), EADV 2022

Le nombre de consultations dermatologiques liées à des réactions ou à des complications relatives au tatouage augmente. Outre les réactions allergiques et les infections, les complications granulomateuses à type de sarcoïdose ne doivent pas être omises.

Les manifestations granulomateuses qui apparaissent au niveau d’un tatouage doivent être étudiées, car elles peuvent relever de différents diagnostics : une sarcoïdose, un granulome à corps étranger, une inflammation granulomateuse infectieuse ou non infectieuse. La recherche d’une cause infectieuse constitue la première étape : les principaux micro-organismes impliqués sont les mycobactéries typiques (comme la tuberculose), les mycobactéries atypiques ou encore le bacille de la lèpre (notamment pour les tatouages réalisés en Asie). Il faut souligner que les cas d’infections à mycobactéries environnementales ne sont pas rares, et qu’elles surviennent souvent après utilisation par le tatoueur d’eau du robinet ou d’eau distillée pour diluer l’encre noire. Ces cas se manifestent dans les jours et les semaines qui suivent le tatouage par une éruption papulopustuleuse limitée à la couleur concernée. Il peut être utile de contacter le tatoueur afin de rechercher d’autres personnes éventuellement infectées avec le même flacon. Les données issues d’études européennes suggèrent que la sarcoïdose constitue 2 à 15 % des consultations de dermatologie pour une complication liée au tatouage. Les mécanismes associant tatouage et sarcoïdose ne sont pas clairement établis : plusieurs hypothèses existent, comme celle du rôle des motifs moléculaires associés aux pathogènes (PAMPs en anglais) ou celle des particules favorisant le développement du granulome sarcoïdosique (peut-être dû aux pigments). La sarcoïdose sur tatouage, qui concerne essentiellement des hommes, survient après un délai très variable. Elle peut être favorisée par des médicaments et conjuguée à des adénopathies médiastinales dans la majorité des cas. À noter que le risque de réaction sarcoïdosique peut aussi advenir à la suite d’un tatouage esthétique (maquillage permanent), ce qui peut conduire à un aspect papulonodulaire très typique, notamment au niveau des sourcils ou des contours de la bouche. L’aspect hypopigmenté limité à l’une des couleurs du tatouage est parfois suffisamment évocateur. Devant une forme évocatrice, la situation la plus fréquente est celle d’un patient sans antécédent de sarcoïdose qui présente un granulome mais dont l’origine sarcoïdosique n’est pas validée : il s’agit alors le plus souvent d’un granulome sur corps étranger. Moins souvent, les patients ne connaissent pas leur statut vis- à-vis de la sarcoïdose, mais des explorations (biologiques et par imagerie) du granulome permettent de valider le diagnostic. Enfin, certains patients connaissent leurs antécédents vis-à-vis de la sarcoïdose : à noter toutefois que le tatouage peut raisonnablement ne pas être contre-indiqué à un patient sarcoïdosique en rémission sous traitement, dans la mesure ou les complications cutanées secondaires aux tatouages sont rares. Attention à certaines formes atypiques de sarcoïdose qui peuvent être souvent associées à une néoplasie sous-jacente, notamment au niveau thyroïdien. Par ailleurs, une uvéite sévère est parfois associée à une granulomatose cutanée sur tatouage. La sévérité de l’atteinte oculaire conduite généralement ces profils cliniques à être majoritairement reçus et traités en ophtalmologie.

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